Le ministre des Affaires étrangères syrien, Asaad al Shaibani, a réitéré ce mardi que Damas a maintenu sa disposition à travailler pour une "solution diplomatique" avec Israël, malgré les attaques répétées lancées par les forces israéliennes au cours des derniers mois après la chute en décembre 2024 du régime de Bashar al Assad.
Dans son intervention, il a dénoncé que "Israël continue son agression avec le territoire syrien" et a assuré que les forces israéliennes ont "arrêté" près de 150 personnes en Syrie depuis le début de l'année. Il a également rappelé que plusieurs hauts responsables israéliens ont assuré que leurs troupes ne se retireront pas du stratégique mont Hermon, occupé après la fuite d'Al Assad.
"Nous considérons cela comme une déclaration explicite d'intentions pour renforcer l'occupation, qui sape toute prétendue justification de sécurité. Malgré ces défis, nous maintenons notre engagement à rechercher une solution diplomatique et travaillons diligemment pour atteindre cet objectif", a-t-il affirmé, selon ce qu'a rapporté l'agence de presse d'État syrienne, SANA.
Al Shaibani a insisté sur le fait que Damas "reste ferme dans ses demandes pour une application totale de l'Accord de Séparation des Forces de 1974, l'affirmation de la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan occupées et le droit souverain de lever une armée nationale", des exigences que Israël rejette tout en poursuivant des opérations régulières sur le territoire syrien, où il maintient des effectifs déployés.
Les deux pays ont tenu plusieurs rondes de dialogue, y compris une en Jordanie, mais les forces israéliennes ont continué à effectuer des raids et des bombardements, dont un mené en août contre une base militaire en alléguant la présence de troupes turques, ce que Ankara a démenti. Les États-Unis ont critiqué leur allié pour cette attaque.
Les déclarations d'Al Shaibani ont eu lieu lors d'une apparition conjointe à Damas avec le ministre des Affaires étrangères du Danemark, Lars Lokke Rasmussen, en visite officielle pour rouvrir l'ambassade danoise, fermée depuis quatorze ans à la suite du déclenchement de la guerre civile dans le pays.
Le responsable de la diplomatie syrienne a souligné dans un message sur les réseaux sociaux que la réouverture représente "un pas significatif" dans l'évolution des liens bilatéraux et "un signe positif de l'engagement renouvelé de la Syrie envers ses partenaires européens".
Rasmussen a souligné que le Danemark "est l'un des premiers pays de l'Union européenne (UE) à rouvrir l'ambassade en Syrie après la chute du régime d'Al Assad, avec un ambassadeur affecté". "Nous le faisons pour pouvoir mieux influencer l'évolution de la situation en Syrie et contribuer à la reconstruction du pays", a expliqué.
"La réouverture facilitera également le renforcement des relations diplomatiques avec le gouvernement de transition et la coopération en matière de rapatriement volontaire et de déportations forcées de Syriens sans résidence légale au Danemark", a-t-il ajouté, en annonçant également un paquet d'aide à Damas de 489 millions de couronnes danoises (environ 65,4 millions d'euros).
"Avec ces fonds supplémentaires, nous prévoyons de renforcer la reconstruction de la Syrie afin que les nombreux réfugiés et déplacés internes aient un avenir auquel revenir", a souligné le ministre danois, selon un communiqué diffusé par son ministère des Affaires étrangères.
Dans le même ordre d'idées, il a précisé que "les priorités et les intérêts danois en Syrie sont clairs et coïncident avec ceux de nombreux autres pays européens". "Nous soutenons une transition politique inclusive et la reconstruction de la Syrie, et nous établissons une coopération en matière de migration et de rapatriement forcé de Syriens qui n'ont pas le droit de résider, par exemple, au Danemark", a-t-il conclu.